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Sam, pour commencer, une question plutôt bateau : Quelle a été ta premiere experience, point de vue whisky, et ladite expérience fut-t-elle heureuse ?

J’ai grandi en Écosse : en toute occasion, que ce soit lors de ceilidh, les danses traditionnelles, dans l’une ou l’autre salle des fêtes, une réunion entre amis ou un réveillon de nouvel an dans quelque village que ce soit, le whisky a toujours été ce qui réchauffe et réjouit tant les ames que la bonne compagnie. Mon premier contact avec le whisky (un blend bien connu que je cachais illégalement dans ma veste) a été un moment d’incompréhension, « comment peut-on boire … et apprécier… un tel tord-boyaux ?» je me demandais. Mais plus tard, a l’approche de la vingtaine, j’ai découvert les single malts et je me suis mis à les essayer et à les apprécier.

Je me rappelle avoir emménagé à Londres après être sorti de l’école d’arts dramatiques, et ce premier hiver, je me sentais quelque peu perdu et l’appel de ma région natale se faisait clairement sentir. Dans un pub confortable du Nord de Londres, un dram démesuré (les mesures écossaises sont plus discrètes) d’une célèbre distillerie du Speyside m’a rempli d’une telle émotion que j’ai compris que le whisky pouvait s’apprécier à bien des niveaux. Ce fut une déferlante de souvenirs de chez moi, des histoires partagées et de mes amis restés au pays. C’est alors devenu un rituel, pour accompagner les rencontres d’amis (nouveaux comme vieux) à Londres, afin de partager ma passion pour le whisky.

Tu as travaillé dans un bar, fut un temps, est-ce que cela a renforcé tes connaissances en matière de whisky ?

J’ai effectivement travaillé dans un certain nombre de bars à Londres et en Ecosse, entre mes rôles, vie d’acteur oblige. J’ai notamment été barman à cocktail dans l’entreprise de restauration d’un ami. Nous servions tout un tas de chose, des bons vins, du champagne… Systématiquement, à la fermeture, nous options plus volontiers pour un spiritueux de qualité que pour un cocktail très élaborés que nous servions. Nous avons commencé à décortiquer les ingrédients et le contenu de chaque boisson et avons remarqué que la qualité était de loin ce qu’il y avait de plus important.

Tu as également servi du whisky et des sushis si je ne m’abuse… Des recommandations d’accords mets-boissons ?

Lors d’une tournée de presse au Japon pour Outlander il n’y a pas longtemps, j’ai eu la chance de manger dans un petit bar à sushi familial très recherché de Tokyo. Le fils de la famille, à 16 ans seulement, faisait bien deux fois ma taille, et était déjà passé maitre dans l’art du sushi (et du Kendo, soit dit en passant). A la fin du repas, on m’a servi (ce que je pensais être un dessert), un bol de « fraises à la crème ». En fait, il s’agissait de d’entrailles crues de poisson avec du tofu fermenté… pas besoin de vous décrire le gout… Ceci-dit, l’expert en sushi m’offrit du Hakushu pour accompagner le plat. Il s’agit d’un single malt japonais légèrement fumé. Selon lui, il s’agissait d’un excellent accord pour le « dessert ». Tout à fait le cas, cela reste parmi les repas que j’ai le plus apprécié !

Sam in his role as Jamie Fraser in Outlander.

Comment es-tu devenu membre de la SMWS ?

envie de découvrir plus et d’expérimenter. Entre le Japon, Taiwan et l’Inde, j’ai compris que l’Écosse n’était pas le seul endroit à produire des whiskies de qualité. Le jour où j’ai découvert la Society, par contre, a été un moment de bonheur : la possibilité de gouter a des single-casks rares bruts de fût classés par saveur et non par marque m’a réellement convaincu.

Plutôt 28 Queen Street ou The Vaults?

Ma famille habitait non loin des Vaults de Leith. J’aime bien, quant à moi, passer un petit moment a Queen Street lorsque je suis à Edimbourg. C’est un endroit dangereux, il est trop facile d’y passer toute une après-midi.

As-tu réussi à faire partager ta passion pour le whisky dans l’équipe de tournage d’Outlander ?

Tous les membres du tournage semblent avoir une affection particulière pour le whisky, et à la fin de longues nuits de tournage, il n’est pas rare que certains se rassemblent pour partager un dram avant d’aller profiter d’un repos bien mérité. Notre producteur, Ron Moore est un grand fan de whisky et j’ai bien peur d’avoir réussi à entamer un peu sa collection. L’actrice principale, Caitriona [Balfe] est irlandaise, et cela nous mène toujours à des discussions intéressante, vu que j’aime bien le whiskey irlandais comme le Redbreast 21 qui est rond et facile à boire, j’ai récemment également essayé des très bons whiskies gallois et anglais.

Si tu pouvais utiliser le cercle de Craig na Dun pour remonter dans le temps, quel serait la période et le lieu de production du whisky que tu voudrais voir ?

Dans Outlander, le personnage que j’incarne, Jamie, a désormais un alambic et produit du whisky en Caroline du Nord vers la fin du XVIIIe siècle. On pourrait même imaginer qu’il s’agit de l’un des premiers producteurs de bourbon, qui a dû adapter sa recette de production de whisky aux ingrédients disponibles. C’est assez impressionnant de voir que la culture écossaise s’est si fortement implantée aux États-Unis et a créé un lien assez fort entre les deux pays. A y réfléchir, il n’y a que quelques générations qui nous séparent des familles Écossaises qui ont émigré vers l’Amérique, un pays de cultures diverses et bâti sur l’immigration. Le whisky est le témoin du pays d’origine de ces traditions. Mon entreprise, Great Glen, aura peut-être bientôt quelque chose à révéler sur le sujet…

Qu’est-ce qui a suscité ton intérêt dans cette activité ?

J’ai établi la Great Glen Company afin de distribuer des produits auxquels je crois et qui reflètent mon héritage culturel, ma passion et mon inspiration. En ce moment nous travaillons sur ma prpre marque de whisky, dont nous ferons bientôt l’annonce officielle. Mais le rêve derrière ma motivation principale, est d’avoir un whisky fait sur mesure pour moi !

Sam Heughan, adhérent SMWS et acteur incarnant Jamie Fraser dans la série télévisée Outlander

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